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vendredi 12 janvier 2018

Bilan et perspectives des défis de la Chaire Dialogue Social et Compétitivité des Entreprises

Entretien de fin d’année avec Jean-François Pillard, Président de la Chaire Dialogue Social et Compétitivité des Entreprises (DSCE), qui s’est engagée à relever plusieurs défis en cette année marquée par de nombreuses nouveautés dans le domaine. 

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Quel bilan tirez-vous de 2017 ?
2017 aura été une année fondatrice pour la Chaire DSCE : il y a eu en mai la première réunion du comité scientifique, qui est totalement international avec notamment des chercheurs de Cornell University, Harvard, LSE (London School of Economics) et l’Université de Sao Paulo.Nous avons aussi sélectionné nos trois thèmes de recherche au niveau mondial : l’évolution des relations professionnelles à l’heure de la mondialisation, de la digitalisation et de l’individualisation. Nous avons lancé les appels d’offre, sélectionné des équipes interdisciplinaires et internationales puisque parmi les huit projets retenus, deux seulement sont internes à ESCP Europe. 

Qu’est-ce qui vous attend en 2018 ?
Le grand défi de 2018 en France va être la mise en œuvre effective des ordonnances sur le marché du travail. L’enjeu essentiel, ici, va en être son appropriation par les acteurs car la réforme a pour objet de rapprocher le dialogue social le plus près possible du terrain. Et de ce fait, elle s’adresse tout particulièrement aux PME, TPE. Le second objectif de la réforme est de simplifier les instances représentatives du personnel avec l’objectif très clair de « sortir de la liturgie du dialogue social », un dialogue social très formel, pour aller vers un dialogue social de co-construction au plus près de l’entreprise et de la branche. 
Vient se rajouter, parce que c’est très complémentaire, la réforme de la formation professionnelle et de l’apprentissage, dont le principal objectif est d’apporter des réponses en priorité aux personnes non qualifiées, qu’elles soient en activité ou demandeur d’emploi. Ce qui constitue un élément de sécurisation des parcours professionnels et une façon de faire diminuer le chômage. Et puis, il y a la réforme de l’assurance chômage, là aussi avec la volonté d’en faire bénéficier certaines catégories d’indépendants. 
"Un dialogue social qui soit un élément d’efficacité opérationnelle de l’entreprise"

Quel rapport avec la Chaire Dialogue Social et Compétitivité des Entreprises ?
Pour faire le lien avec la Chaire DSCE, finalement, ce qui va être fondamental en 2018, au-delà des textes, c’est la capacité des acteurs à s’emparer de ce nouveau cadre pour le rendre effectif. Et c’est là que le travail de la Chaire et la formation de ESCP Europe peut jouer un rôle déterminant. Il faut rappeler que quand nous avons monté ça, ce n’était pas uniquement dans une optique française mais pour faire en sorte d’avoir des formations destinées non pas à des spécialistes pour des spécialistes, mais des formations et des recherches qui alimentent les formations destinées à des futurs managers ou à des managers en exercice. En faisant cela, nous contribuons donc à donner à des managers des clés de lecture et des outils pour s’impliquer davantage dans ce dialogue de terrain. Montrer que le dialogue social n’est pas une affaire de juristes, de spécialistes. Il s’agit de sortir d’un dialogue social souvent administré, à un dialogue social qui soit un élément d’efficacité opérationnelle de l’entreprise. 

Pouvez-vous développer ?
La conviction qui nous anime, c’est que le dialogue social est destiné avant tout aux salariés de l’entreprise. Ce n’est pas uniquement une relation entre une direction d’entreprise et des représentants du personnel. Le dialogue social a deux finalités : la première, de permettre à des salariés d’être associés dans la vie de leur entreprise, dans les différentes composantes technologiques, organisationnelles, économiques, sociales et stratégiques, partant du principe que quand on comprend à quoi sert son travail, on est valorisé et donc plus efficace. Et la deuxième finalité du dialogue social, c’est de faire évoluer les conditions de vie et de travail, en particulier par la voie de la négociation. 
La Chaire DSCE a pour vocation d’apporter des réponses aux acteurs sociaux dans l’ensemble des pays, et c’est pour cela que nous avons fait le choix d’avoir un comité scientifique composé d’académiques, d’économistes, de juristes, de sociologues européens, nord-américains et asiatiques et que les appels à projet concernent des équipes pluridisciplinaires à travers le monde. Ça permet de répondre à des problématiques de groupes mondiaux, qui opèrent dans tous les coins de la planète. Et incidemment, avoir des recherches globales permet d’ouvrir le champ de vision des locaux, pour enrichir les pratiques de chacun.

Propos recueillis par Juliette Fronty, Doctorante à ESCP Europe

Pour en savoir + sur la Chaire DSCE

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