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lundi 25 septembre 2017

L’ambassadeur d’Allemagne en visite à ESCP Europe

À trois jours des élections législatives fédérales en Allemagne, Nikolaus Meyer-Landrut nous a fait l’honneur d’une visite sur le campus de Paris. Il s’est exprimé sur les enjeux de la coopération franco-allemande, les défis de l’intégration européenne et la place de l’Europe dans le monde. Retour sur son intervention avec l'Institut Européen et International.

Ambassadeur d’Allemagne en France depuis 2015, Nikolaus Meyer-Landrut a été le conseiller en chef des Affaires Européennes auprès de la chancelière Angela Merkel. Entré au Ministère Fédéral des Affaires Étrangères en 1989, ce francophile est par la suite nommé représentant permanent de la RFA auprès de l’Union Européenne. Jeudi 21 septembre, il était l’invité de l’association diplomatique Call On’U afin de répondre à une question déterminante pour l’avenir de l’UE : au lendemain des changements radicaux qui bouleversent l’espace mondial, quel futur pour le bilatéralisme franco-allemand ? 

L’intervention de M. Meyer-Landrut débute sur un constat, celui des multiples défis auxquels les deux pays devront apporter une réponse commune : dans un monde globalisé, l’éruption de tensions régionales affecte l’équilibre géopolitique international. Outre-Atlantique, l’élection de “l'imprévisible” Donald Trump ébranle les certitudes établies par son prédécesseur, tandis que le choc du Brexit révèle une évolution inattendue des institutions européennes. Dans les années à venir, une multitude de changements environnementaux, démographiques et technologiques constitueront autant d’interrogations pour l’Europe et le monde. Dans ce contexte, insiste l’ambassadeur, il est plus que jamais nécessaire d’établir une entente étroite entre la France et l’Allemagne, dans le cadre d’une coopération européenne renforcée. 

Cette coopération devra néanmoins composer avec les divergences d’attitudes que présentent la France et l’Allemagne par rapport aux institutions européennes : ainsi, comme le montre une étude récente de l’Institut Allenbach, l’opinion publique française est nettement plus pessimiste quant au devenir de l’intégration européenne que ne l’est l’opinion publique allemande. Pourtant, explique M. Meyer-Landrut, ces écarts de ressentis ne sauraient l’emporter sur les expériences communes et les liens historiques qui rapprochent ces deux pays, des liens qu’il est essentiel de mettre en évidence afin de renforcer le sentiment d’appartenance européenne. L’ambassadeur a donné en exemple le lancement, en 2017, du Conseil franco-allemand d’intégration, à l’initiative du Conseil des ministres franco-allemand. 

Nikolaus Meyer-Landrut a également tenu à rappeler le rôle bénéfique qu’a eu la construction européenne sur le bilatéralisme franco-allemand après la Seconde Guerre Mondiale : à la faveur de l’Union Européenne, il affirme que les deux pays ont renoué un rapport sain, fondé sur une communauté de droit et d’intérêts communs. De même, alors que l’intégration européenne est parfois interprétée comme une perte de souveraineté nationale, M. Meyer-Landrut assure qu’elle a permis à l’Allemagne de recouvrer une souveraineté partagée et une présence internationale.

Une déclaration qui fait écho à la place centrale de l’Allemagne dans les institutions européennes : contribuant à près de 19.7% du budget européen, l’Allemagne est le plus grand contributeur de l’UE, devant la France (16,7%). Elle est également le premier contributeur (27%) au Mécanisme européen de stabilité (MES), et constitue la plus grande délégation au Parlement Européen, avec 96 députés.

Redéfinir la place de l’Europe dans le monde 

Entre le géant américain et le mastodonte chinois, quelle est aujourd’hui la place de l’Europe dans le monde ? Concernant les relations commerciales, l’ambassadeur d’Allemagne invite l’Union Européenne à s’imposer dans un commerce international dominé par les États-Unis, tout en respectant les cadres définis par l’Organisation Mondiale du Commerce, et en s’inscrivant dans une logique de commerce équitable. Il se montre en revanche plus prudent en ce qui concerne l’expression “Europe de la défense” : en effet, les interventions militaires menées par la France sur les théâtres extérieurs (Libye, Mali, Centrafrique) ne semblent pas correspondre à la tradition allemande de tempérance en matière d’opérations extérieures. “Pour l’Allemagne, l’Europe de la défense, c’est l’OTAN” soutient M. Meyer-Landrut.

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