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Monday 29 June 2015

La beauté au travail, retour sur la Conférence Emergences du CIRPP

Le Club Executive ESCP Europe a accueilli le 10 juin dernier la Conférence Emergences du CIRPP, organisée autour du thème "La beauté au travail".

Pour tout collaborateur, il est important d'évoluer dans un environnement épanouissant : la qualité des couleurs et des matériaux, la lumière, le volume et la pérennité des espaces, le plaisir des yeux et du beau sont des éléments essentiels de la motivation. 

Comment le désir de beauté, le besoin d'une qualité des espaces de travail ont-ils été pris en compte dans le passé ?
Pourquoi cette question reste t-elle aujourd'hui de grande actualité ?
Comment les architectes, les concepteurs et les décideurs essayent-ils d’y répondre ?
Quel est le point de vue des usagers ?
Que peut-on faire au quotidien, indépendamment des contraintes architecturales, pour améliorer la qualité de notre vie au travail ?

Etaient réunis autour de François Fourcade et Luca Paltrinieri, chercheurs au CIRPP :

Jean-Philippe Bouilloud, professeur à ESCP Europe
Catherine Champeyrol, consultante en créativité et artiste peintre, Beautemps
Mariano Efron, architecte chez AS Architecture-Studio

C’est Mariano Efron qui a ouvert la conférence en offrant aux participants la vision très complète de l’architecte. Ponctuée de nombreux exemples (Institut du Monde Arabe, Parlement Européen, Hôpital  Sainte Marguerite à Marseille…), son intervention a abordé de nombreux thèmes au cœur des préoccupations des architectes.
Il a évoqué à la fois comment les caractéristiques d’un lieu peuvent apporter des réponses à la question de la beauté au travail. Espaces centraux conçus comme des lieux de croisement et de partages d’expériences, espaces facilitant les circulations internes…
Le rapport du bâtiment à la nature est un volet important : une attention particulière est portée à l’intégration des bâtiments aux sites naturels.
Parmi les autres préoccupations, Marian Efron a expliqué comment prendre en considération la façon dont le bâtiment doit évoluer au fil des années, des saisons… mais également des usages tels que ceux d’offrir de la modularité en concevant des espaces qui intègrent très en amont les besoins en flexibilité.
En évoquant le thème « Travail et rencontre », Mariano Efron rappela combien les espaces sont générateurs de lien social. Compte tenu de leurs rôles, plus qu’un espace, ils doivent être un lieu de grande expression architecturale.

Catherine Champeyrol préfère parler d’"expérience esthétique" plutôt que de beauté. L’expérience y est plurielle : sonore, visuelle, tactile. Elle permet de mobiliser une équipe parce qu’elle convoque plusieurs leviers :Un sursaut d’attention d’abord. De l’émotion (clé de l’engagement, de la motivation…).
Pour Catherine Champeyrol mieux vaut un lieu qui vous fait ressentir l’accueil plutôt qu’un lieu qui vous accueille.Sortir des standards, du normatif permet de nourrir nos façons de travailler, nos façons de se rencontrer au travail.
Catherine Champeyrol a mis en lumière combien parfois le point de blocage des processus de créativité prendre ses seules origines dans le lieu (sa configuration, son mobilier, sa décoration…)
De petites attentions suffisent : ritualiser par exemple l’entrée en réunion par un son nouveau çà chaque fois a permis, dans une entreprise, de remobiliser les participants.
Catherine Champeyrol a aussi invité à considérer les industries créatives comme sources d’inspiration. Soumis à des marchés très compétitifs, ces industries ont l’incertitude pour modèle économique et ont depuis longtemps considérer le lieu de travail comme vecteur de performance.

Jean-Philippe Bouilloud a fait voyager les participants dans le concept du "beau travail". En abordant la capacité de faire un beau travail,  il rappelle que ce dernier est support d’identité puisqu’il permet une reconnaissance par ses pairs. Le "beau travail" devient donc revendication de valeurs. Si je fais un travail de valeur donc j’ai de la valeur.
Les entreprises qui ignorent ce lien, s’exposent à la spirale des risques psycho-sociaux. S’interroger sur le beau travail c’est en réalité poser la question du sens au travail.
Pour Jean-Philippe Bouilloud, les entreprises doivent aussi d’affranchir de l’idée que le beau doit être utile. Dans les organisations, les hommes ont aussi besoin de choses gratuites. Offrir à ses collaborateurs un cadre de travail agréable, c’est aussi important que de leur assurer un salaire.

 

Retrouvez bientôt le film des débats (en ligne ici - à partir du 15 juillet)

 

Pour en savoir plus sur le Club Executive ESCP Europe

 

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