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Friday 18 April 2008

Les "Jeudis de l'économie" du 17 avril 2008 : compte rendu « La France vue du Monde »

Jeudi 17 avril, s’est tenu le second rendez-vous des « Jeudis de l’économie » de l’Assemblée nationale en partenariat avec ESCP-EAP sur le thème : "La France vue du Monde".

Le débat est ouvert par Patrick Ollier, président de la commission des affaires économiques et par Jean-Paul Charié, député du Loiret, qui rappellent l’ambition d’un débat de fond, en dehors des sentiers battus et de l’agenda médiatique, avec un regard « impertinent, voire provocateur ».

Xavier Huillard, Directeur général de Vinci, expose la conception du leader mondial du BTP et des concessions reposant sur deux dimensions. D’un côté, la dimension économique, illustrée par son business model, vise à l’intégration des métiers de la construction et des concessions et à conforter cet état de performance au niveau international. De l’autre côté, la dimension sociale mise sur l’intelligence de l’ensemble des collaborateurs spécialement ceux qui côtoient le terrain. Cela s’illustre par un groupe décentralisé en 2500 centres de profit. Est également induite une responsabilité sociale au sein de l’entreprise avec des liens étroits avec les quartiers dits sensibles en France mais aussi dans d’autres pays d’implantation de Vinci. Cela s’étend au niveau sociétal où l’engagement dans une « révolution verte » est primordial pour un groupe du BTP. La voie de « l’économie du propre » est d’ailleurs une opportunité forte pour les entreprises françaises. Au nombre des qualités reconnues de la France, chez nos partenaires internationaux, il est possible de citer son système éducatif supérieur très performant (même s’il est à l’heure actuelle il est fragilisé, voire en danger). Monsieur Huillard évoque la possibilité de regrouper les écoles supérieures en termes de capacité d’accueil des étudiants étrangers. Il invite également à multiplier les partenariats Public-privé et affirme la nécessité de drainer des prix Nobel et des personnalités de renom pour créer des chaires et attirer les meilleurs étudiants.

De manière générale, il n’existe plus de centralisme de la commande publique alors même que la France a été précurseur à confier au privé des prérogatives du public (ce qui a permis l’essor de groupe comme Vinci). La spécificité du modèle français pourrait alors prendre les traits suivant : mettre l’homme au cœur du système, la prise de conscience du temps long (les entreprises françaises s’inscrivent davantage comme des partenaires que des fournisseurs) ; une conscience de la responsabilité sociale et environnementale où l’entreprise est un lieu d’intégration.

Serge Airaudi, Philosophe et Ethnologue, consultant, expose les forces reconnues à l’international de la France, dont il donne cinq exemples non exhaustifs. Elle possède la capacité de dégager de grandes entreprises leaders. Elle compte également un haut niveau de technologie, dont le CEA est exemplaire. Son niveau de formation technique est parmi l’un des meilleurs du monde. Le savoir faire qualitatif de la France (Luxe, qualité de vie, etc.) est renommé. Elle sait, de plus, piloter des grands projets grâce à ses ingénieurs mais aussi grâce à son administration.

S’y opposent cinq faiblesses comme son tissu de PME qui est mal supporté par le système financier, par les grandes entreprises. La France manque d’entreprises intermédiaires « capables d’aller à l’international ». La valorisation de la technologie et sa transposition dans le business fragilise la qualité de celle-ci. Sa formation est également en question, notamment en matière de management. Ceci résulte de la promotion de bons techniciens qui ne sont pas nécessairement de bons manageurs. Notre système de management est d’ailleurs stigmatisé au Japon comme un « bureaucratie control » ou aux Etats-Unis comme un système « politique ». Il est nécessaire à cet égard de revoir notre culture du « zéro sans faute ». De manière générale, le niveau d’éducation économique est faible en France et la création de valeur appartient uniquement à l’entreprise et se trouve en décalage avec la société. L’économie est pilotée par l’Etat et le social. Elle ne l’est pas assez par le marché, même si un libéralisme total n’est pas du tout souhaitable. Ceci place la France dans une situation décalée par rapport aux évolutions de la mondialisation.

Après une brève distinction entre mondialisation (du domaine de la civilisation) et la globalisation (dont le moteur et financier et communicationnel), Serge Airaudi constate qu’il y a, en France, une confusion entre la fonctionnalité et le système de valeur du pays, la laissant dans une posture proactive (pouvant agir sur son environnement) en Europe et réactive (s’adapte à son environnement) dans le monde.

S’en sont suivis des échanges avec les étudiants de ESCP-EAP et les députés sur les questions de développement de l’enseignement supérieur, des points forts de la France et des réactions des français face à la mondialisation.

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