Colloque "Re-working Lacan at work"

ESCP Europe, Campus Paris, 14-15 juin 2013

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Bienvenue sur le site du colloque “Re-working Lacan at work”, organisé par ESCP Europe, le LEM (Lille Economie et Management) de l’Université de Lille 1, Reims Management School, l’Université de Gand, Cardiff Business School et Essex Business School.

Le colloque se tiendra en anglais et en français. Une traduction simultanée dans les deux langues sera assurée.

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Conférenciers invités :

Dany Nobus
Professeur titulaire de la Chaire de Psychologie et Psychanalyse
Vice-Président chargé de la Stratégie, du Développement et des Relations Extérieures
Directeur du Master “Psychanalyse et Société Contemporaine”
Université de Brunel, Londres

Ian Parker

Psychanalyste, Manchester
Professeur Honoraire en Sciences de l'Education, Université de Manchester
Professeur Visitant au Département d'Etudes Psychosociales, Birkbeck, Université de Londres
Codirecteur de Discourse Unit
Analyste au Centre for Freudian Analysis and Research, Londres

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Argument :

Cinq ans après le workshop “Lacan at work” qui s’est tenu à Copenhague en 2008, et dans le prolongement d’un nombre important de publications récentes sur ce thème, le présent colloque vise à poursuivre l’exploration de la contribution lacanienne à l’étude du travail, du management et des organisations. Son premier objectif est de préciser en quoi cette contribution peut à la fois se révéler complémentaire et se différencier des autres perspectives mobilisées 1/ dans le domaine de la psychodynamique organisationnelle (perspectives d’inspiration freudienne, kleinienne, etc.) 2/ dans le champ des approches critiques (issues de diverses traditions philosophiques et politiques), parmi lesquelles la perspective lacanienne a réalisé une percée au cours de ces dernières années, essentiellement à partir des écrits du philosophe Slavoj Žižek. Le second objectif du colloque consiste à explorer comment ces deux orientations, clinique et critique, qui se réfèrent chacune à leur manière à la théorie lacanienne, peuvent être mises en dialogue. En effet, il apparaît que ces deux lignées de travaux se sont essentiellement développées de manière séparée et méritent d’être confrontées de façon désormais plus systématique.

Dans cette perspective et pour saluer à notre manière son 60ème  anniversaire, nous souhaiterions pouvoir renouer avec un peu de l’esprit du célèbre discours de Rome (1953) qui a marqué la rupture de Lacan avec l’establishment analytique et la création de sa propre école, fondée sur une révision radicale de la psychanalyse qui a tout à la fois remis en chantier ses concepts essentiels et introduit dans son champ des questions issues des sciences humaines et sociales.

La théorie lacanienne du sujet constitue à cet égard l’une des ressources les plus heuristiques pour le chercheur. La définition de l’inconscient comme discours de l’Autre et de la subjectivité comme extime par rapport au sujet, en relation avec la théorisation du lien social comme discours, aide en effet à surmonter quelques unes des tendances  intériorisantes et individualisantes pour lesquelles la psychanalyse a souvent été critiquée et qui ont contribué à diminuer son influence et sa dimension transformatrice. Le combat de Lacan contre la psychologie du Moi, son rejet du psychologisme et de toute forme d’ingénierie de l’humain, de même que sa position éthique et épistémologique, se révèlent notamment très utiles pour développer une approche critique de la place centrale qu’accorde le management contemporain à la psychologie du travail, au coaching, aux techniques de développement personnel ou à l’idéologie du « devenir soi-même ».

Si, comme l’énonce Lacan, l’objet de la psychanalyse n’est pas tant l’être humain en tant que tel, mais plutôt le manque qui lui est inhérent, la contribution psychanalytique à l’étude des organisations et du management pourrait bien relever d’une appréhension et d’une considération particulières du manque inhérent à l’organisation. Un manque qui n’est pas une forme de vide nécessitant d’être comblé ou évacué, mais un espace où le sujet s’exprime comme désirant ; ce qui réinterroge le fonctionnement organisationnel dans son ensemble.

Gilles Arnaud et Bénédicte Vidaillet
Responsables du Comité Organisateur

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