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Organisation et Management

Recherchons managers optimistes !

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Philippe Gabilliet, Professeur associé et Directeur académique du Master in European Business (MEB)


Militant depuis toujours pour un management créatif, positif et optimiste, Philippe Gabilliet insuffle désormais ces valeurs aux étudiants du MEB ESCP Europe, un Master in European Business dont il a pris les rênes académiques en septembre 2013.

A l'heure des changements, c’est à ceux qui pilotent, qui animent et qui managent qu’il incombe de tenir le cap, en entretenant les acteurs dans l'espérance de lendemains meilleurs. En entreprise, la capacité à fabriquer de l'optimisme demeure au cœur de tout processus de mobilisation.
 
L’optimisme du manager représente pour son équipe le premier capital de motivation et d’énergie. Ce que l'on recherche en période de changement, ce sont des hommes et des femmes capables d’instaurer avec les autres une relation orientée sur une dynamique optimiste et positive.
 
La situation économique et sociale génère beaucoup d’anxiété dans la vie d’un grand nombre de personnes. Accélération du monde, perte des repères et de la visibilité sur le futur, peur de l’imprévisible, tels sont les ingrédients de la perte de confiance en soi et en la société, terrain d’élection du pessimisme collectif.
Mais à quoi reconnaît-on un manager optimiste ? Tout d’abord au fait que c’est souvent… un manager comme les autres, c’est-à-dire un responsable qui tente d’atteindre des objectifs à travers la mobilisation d’autres personnes. Le manager optimiste doit donc faire réussir son équipe, c'est-à-dire aider ses membres à atteindre les objectifs fixés, les rendre plus autonomes et leur permettre d’évoluer et de progresser.

On peut globalement reconnaître un manager optimiste à travers quatre attitudes :

1)  Le manager optimiste concentre l’essentiel de son action sur les forces, pas sur les faiblesses

Pour un manager positif, les hommes et les femmes qui l'entourent ne disposent que de deux types de ressources d’action face au changement : des points forts à cultiver et renforcer et éventuellement des points d’effort, sur lesquels existe une marge de manœuvre et où il est possible de s’améliorer et de progresser.
 
2)  Le manager optimiste sait privilégier les solutions efficaces, même partielles et temporaires.

 Confronté au "pourquoi nous" du pessimiste, le manager optimiste privilégie toujours dans un premier temps le « comment faire pour », c’est-à-dire la recherche immédiate de voies alternatives ou d’opportunités nouvelles nées de la difficulté rencontrée. Les managers optimistes n’ont pas besoin de connaître l’origine ou le responsable de l’obstacle dressé devant eux et leurs troupes pour commencer à explorer des chemins destinés à le contourner.

3)  Le manager optimiste traque les "petites victoires".

Le manager optimiste garde certes l’œil rivé sur la ligne de mire du changement à atteindre. Mais pour autant, il ne perd jamais une occasion de célébrer avec ses troupes une victoire d’étape, un match remporté, un obstacle franchi, un effort qui a payé, une avancée technique ou un nouveau contrat. Bref, le manager optimiste aime prendre ceux qu'il conduit en "flagrant délit de réussite", aussi modeste soit-elle.
 
4)  Le manager optimiste pousse à la persévérance et à la prise de risque.

 Les optimistes savent que l’échec – aussi désagréable soit-il - fait partie de la vie et qu’il n’est qu’un ingrédient du succès (presque) comme les autres. Etre préparé aux revers de fortune et à l’échec, pour un manager optimiste c’est à la fois savoir ce que l’on fera si les choses tournent mal et se donner par avance le droit de réessayer, de tenter à nouveau sa chance. Car si l’optimisme est un facteur de réussite si puissant, c’est aussi parce qu’il crée les conditions mentales de la persévérance.

Un manager optimiste est finalement celui dont ses collaborateurs pourront dire demain: "Face aux turbulences annoncées, il nous a donné envie d’essayer, nous a permis de ne pas réussir tout de suite, et nous a poussé à recommencer jusqu’à ce que nous gagnions la partie !".